Nombre de visites : 271737

Vous êtes sur : Accueil du site > Résultats > Articles D.N.A./ LAFA

Articles D.N.A./ LAFA


COUPE CMDP : l’ ASM REMPORTE SA 11e FINALE

http://lafa.fff.fr/cg/0300//www/actu/2001053.shtml



Fabien MAYFARTH (article DNA du 29 mars 2011)

L’appelé des filets

Fabien Mayfarth (à droite), à côté de James Akroum, s’apprête à entrer en jeu et à marquer son septième but de la saison. C’était ce dimanche à Sarre-Union. Il a la trentaine imposante. Trop même puisqu’il vient de perdre du poids pour retrouver plus souvent le chemin des filets. Fabien Mayfarth, buteur devant l’éternel, refuse de descendre avec l’AS Mutzig.

C’est un joueur atypique avec un parcours fait de hauts et de bas, qui suit une ligne Colmar - Strasbourg qu’il remonte tranquillement au fil des ans.

Avec un parcours où se mêlent aussi la poisse, les pépins de santé, les montées glorieuses (celle historique du FC Illhaeusern en CFA 2 en 2003). « Il y a des choses qui ne s’apprennent pas,elles sont en toi »

Et surtout ce sens inné du but qui ne s’apprend dans aucune école.

« Tu l’as ou tu l’as pas, sourit Fabien Mayfarth. Il y a des choses qui ne s’apprennent pas, elles sont en toi. J’ai eu cette chance de faire les bons appels, de faire les bonnes courses, d’être là où il faut être. »

Au cours de sa carrière, ses coéquipiers et ses entraîneurs lui donneront deux surnoms : ceux d’Illhaeusern l’appelleront « Goléador », James Akroum, qui l’avait relancé aux Portugais Sélestat, imposera « Carsten Tanker », « car je déménageais les défenses ».

« En fait, je lui ai donné ce surnom en référence à Carsten Jancker, un ancien attaquant chauve du Bayern Munich, un monstre physique, sourit celui qui l’a rejoint cet hiver à Mutzig. Fabien est un très bon footballeur, mais surtout un super mec. Il est plus qu’attachant. »

En plus, les deux hommes viennent du même village (Sainte-Croix-aux-Mines) et leurs routes vont parfois, souvent même, se croiser.

C’est là-bas que tout avait commencé pour Fabien Mayfarth, né un jour de 1980 à Guebwiller. « À quatre ans, je ne pensais qu’au foot en regardant jouer mon frère aîné. »

La famille avait ensuite déménagé dans les Vosges, il avait pris une licence au SC Eloyes. Le SAS Épinal, alors en Ligue 2, l’avait repéré. « J’étais en Sports-Études jusqu’à 16 ans. »

Le grave accident de voiture de son père ramènera tout le monde à Sainte-Croix-aux-Mines et l’éloignera de son rêve de vivre du football.

« J’ai tout arrêté pendant de longs mois. Puis j’ai repris dans le club du village, juste pour m’amuser. Mais je n’ai aucun regret. »

À force de marquer, les SR Colmar le capteront. Il y restera deux saisons, le temps de goûter au CFA 2.

Puis James Akroum (déjà) appellera Dominique Lihrmann, alors entraîneur d’Illhaeusern, pour lui conseiller de prendre ce drôle de joueur-buteur âgé de 21 ans, fait pour martyriser et décadenasser les défenses adverses.

« J’ai passé trois saisons énormes avec les Husser, Hess, Schneider, Croupi et tous les autres. On était bons sur le terrain, extraordinaires au club-house. Une bande de fous », rigole Fabien Mayfarth.

D’ailleurs, depuis la saison passée, ils se réunissent pour fêter encore et toujours la montée historique du club en CFA 2 en 2003.

« C’est pour ce genre de choses que je préfère le foot des villages. On n’entend pas constamment parler de fric. On est d’abord là pour défendre un maillot, s’amuser avec des copains. »

Malheureusement, les blessures musculaires à répétition (maudites cuisses) et une hernie discale l’éloigneront de très longs mois des pelouses jusqu’à ce coup de fil de... James Akroum en novembre 2005.

« Il m’a convaincu de rechausser les crampons aux Portugais Sélestat pour aider son club à s’en sortir. J’habitais Strasbourg et ça m’allait de le rejoindre. »

Il restera là-bas quatre saisons, le temps d’enfiler les buts encore et toujours, de monter en Excellence aussi.

Dans sa mémoire, il y a surtout ce match de Coupe de France face à Obernai le 14 octobre 2007. Il entre après 67 minutes de jeu, il marque... trois fois en huit minutes.

« Un superbe souvenir, presque irréel. Un attaquant doit être égoïste devant le but, mais pas dans son comportement. Il doit être assez malin et collectif pour que ses coéquipiers aient l’envie de lui donner des ballons. Après, et c’est injuste, c’est le buteur qui prend la lumière, pas le passeur. »

Il a déjà une idée révolutionnaire en tête.Elle est même au boutde ses pieds

Depuis 2009, son histoire se poursuit à Mutzig, plus proche de Strasbourg, où il participe à la montée... en Excellence (encore) et où James Akroum l’a rejoint cet hiver.

« Je veux éviter la descente, c’est une chose que je n’ai jamais connue. »

Alors, il a perdu du poids (20 kilos déjà). « Je suis une victime de la malbouffe. Il fallait agir », rigole Fabien Mayfarth.

Et si cette cure d’amaigrissement ne suffit pas, il a déjà une idée révolutionnaire en tête. Elle est même au bout de ses pieds. « Je vais devenir droitier. »

Ça ne rassure personne, pas même les filets. Il n’a jamais été maladroit avec eux, les saluant à sa façon... Jean-Christophe Pasqua




Espace privé | Mentions Légales | SPIP